Chrysostome – Nkoumbi Samba : Pour un digital au service de la démocratie

Restra Poaty
Sur la photo, Chrysostome est à droite et à gauche c’est un représentant du ministère congolais du numérique.

A l’aune des élections revient très souvent la question autour de la réalité des systèmes démocratiques mis en place dans chaque pays. Conscient de ces enjeux, certains acteurs y voient également une formidable opportunité pour le rayonnement d’un business visant à renforcer les systèmes démocratiques par la technologie à l’instar de Chrysostome Nkoumbi Samba, un entrepreneur congolais fondateur de la société Afrik@cybersecurité.

L’urgence de prendre en charge l’impératif sécuritaire dans un monde où les menaces dans le cyberespace se multiplient, ce n’est pas à Chrysostome – Nkoumbi Samba qu’il faut l’apprendre. Le Franco-Congolais, originaire du Congo-Brazzaville, ne s’est préoccupé que de cela ou presque, tout au long de son parcours. Titulaire d’un MBA en management de la sécurité des données numériques, d’un master en informatique et d’une licence en Mathématiques et Applications fondamentales, il travaille depuis 2015 au sein du cabinet NP Consultants, comme directeur associé à Paris. L’analyse du risque dans les projets, le suivi du programme d’évaluation annuelle de la direction de la sécurité de l’information, l’atteinte d’objectifs sécuritaires fixés par le top management, etc. sont devenus des tâches très familières à son esprit.

Chrysostome Nkoumi Samba : le roi de la protection des données ?

En mai 2018, il a su se rendre encore très utile pour ses clients en les accompagnant dans la mise en conformité au nouveau Règlement Général de Protection des Données mis au point par l’Union Européenne. Vingt-Cinq ans auparavant, il intégrait l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) comme responsable informatique en charge de la gouvernance de l’activité informatique, de la construction de l’intranet, de la formation des utilisateurs, de la stratégie, de la sécurisation et de tant d’autres compétences. Entre 2012 et 2014, nommé chargé de mission sécurité, toujours, pour le compte de l’organisation communautaire, il doit gérer la définition de la politique de sécurité, l’analyse des risques, la sensibilisation et la formation aux enjeux de la sécurité, quand ce n’est pas la veille technologique et prospective ou encore l’audit et le contrôle. Des tâches différentes de celles qu’il a réalisée pour la Société Générale en lien avec les GAB ou la RATP, concernant les applications de gestion intégrée.

Toutes ces expériences permettent à ce passionné de voyage et de foot-ball, par ailleurs, de comprendre le monde cyber qu’il pratique de l’intérieur. De son avis, la sécurité numérique et la démocratie entretiennent un lien très étroit, d’autant plus que, et pour ne prendre que ces deux exemples, les fake news et les cyberattaques menées par les Etats constituent aujourd’hui un véritable défi. Notre expert en veut pour prendre la dernière présidentielle aux Etats-Unis où la Russie a été accusée d’avoir pesé sur l’élection en piratant la campagne démocrate avec comme candidate, Hillary Clinton, battue par Donald Trump. Ayant aussi comme d’autres motivations, l’appât du gain, les cyberattaques ne peuvent être combattues de façon efficace que si les autorités politiques comprennent les enjeux. Pour lui, c’est d’abord le premier défi dans la lutte contre le phénomène, notamment en Afrique.  L’éveil des consciences des politiques qui doivent comprendre les enjeux stratégique», reste la priorité fondamentale à ses yeux. Chrysostome – Nkoumbi Samba se dit convaincu qu’avant de mettre en place des centres de veille, d’alerte et de réaction rapide, il faut d’abord une stratégie claire des Etats qui ne doivent pas oublier que leur premier rôle, c’est de protéger les citoyens, y compris, sur Internet.

La démocratie est un sacré business

Et pour prêcher la bonne parole, il a créé depuis 2016 un réseau d’experts formés à la sécurisation du patrimoine informationnel et dénommé Afrik@Cybersécurité avec des membres pour l’heure dans sept pays dont la RDC, le Cameroun, le Gabon, la Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Bénin et le Burkina Faso.  Dotés de compétences techniques, juridiques, diplomatiques et communicationnelles, les spécialistes constituant l’organisation (qui compte aussi en son sein des acteurs de la société civile) se chargent de sensibiliser le maximum de dirigeants africains à l’occasion de la mise en place de plans de développement. Cela a été le cas en RDC, au Togo et au Maroc, également « où nous avons pris part aux travaux sur la proposition de la charte africaine de cybersécurité », raconte l’intéressé. Les marchés vont bientôt arriver, confie-t-il, mais ce qui lui importe le plus, c’est d’abord de passer le message suivant aux décideurs sur le continent: «L’économie se base depuis la nuit des temps sur la sécurité et la confiance». Partenaires du forum international de Dakar sur la Paix et la Sécurité en Afrique, l’expert en cybersécurité et son équipe se préparent à prendre part au grand événement en novembre prochain. Tout en saluant l’initiative, ils appellent fortement de leur vœu pour l’organisation d’une rencontre institutionnelle dédiée à la sécurité numérique des Etats africains. L’occasion sûrement pour l’ancien IT Manager de l’OIF de disserter davantage sur son attachement à la machine électorale expérimentée pour la première fois en RDC lors de la présidentielle. Selon lui, la RDC et le Nigéria sont ses pays cibles, en matière de numérisation du processus électoral parce qu’ils sont les deux « plus grands Etats confrontés à la digitalisation du processus électoral », vus le nombre d’électeurs et tout ce que cela implique en terme de bulletins de vote, de bureaux de votes, de listes des candidats et donc de dispositifs électoraux.

source: Financial Afrik

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